Le droit de mémoire des victimes des violences de l'Eglise
Puisque la justice ne peut faire œuvre de justice sur des faits prescrits,
Puisque la violence psychologique et la violence corporelle, voire sexuelle sont avérées et reconnues par l'Eglise de France qui admet des pratiques incompatibles avec un enseignement éducatif quel qu'il fut,
Puisque ce n'est pas une institution dématérialisée mais bien une institution religieuse animée par des individus majeurs dépositaires d'une autorité sur des mineurs victimes d'abus inqualifiables, inexcusables,
Puisque une réparation financière n'est qu'une facilité matérielle, une marchandisation de la souffrance qui ne saurait remplacer un droit de mémoire,
Puisque l'Eglise a fait preuve d'abus de pouvoir et de conscience en minimisant les appels de détresse des enfants battus ou violés, en faisant taire les rares parents conscients partiellement ou totalement des dérives criminelles, en dissimulant, les plaintes contemporaines des faits, en détruisant les archives de celles-ci,
Puisque l'Eglise prétend aujourd'hui faciliter la mise en lumière d'un passé qui l'affecte au nom du respect de la souffrance des victimes qui n'ont aucun recours quant à leurs besoins de crier une réalité interdite d'expression jusqu'ici,
Puisque subir est parfois bien moins pire que la contrainte des silences imposés par des tortionnaires que le temps anonymise,
Puisque qu'une plaque d'un marbre mémoriel aussi durable soit-il, accroché en place publique, ne saurait recenser les noms des bourreaux,
L'établissement d'une liste nominative des coupables d'actes de violences, des hiérarchies manipulatrices jusqu'à bâtir un mur mensonge autour des dépravations physiques et morales, pour que ce mur de la honte aux justificatifs religieux cesse de barrer la voie de la vérité, ceci dans un souci de restitution de la dignité de ceux et celles, à l'âge ou l'innocence primait tout, cette liste publiée conjointement par les victimes volontaires et les autorités ecclésiastiques impliquées en place aujourd'hui porte la mention d'engagement d'indestructibilité sous les délais que la loi civile permet... Document publié, accessible, à tous.
Que les familles des criminels comprennent que les survivants, les estropiés de l'épreuve d'humiliation et de destruction, ont eu leurs vies modifiées et que la vie de leurs proches et de leurs descendances ont eu leurs vies modifiées... Que l'on sache que chaque victime en vie, du temps qui lui reste à vivre, a une vieillesse modifiée... Que le droit de savoir qu'on leur a interdit ne soit pas refusé à leurs ayant-droits affectifs afin que soit éclairé le passé au vu d'un avenir vrai pour chacun.
L'ultime violence est l'anonymisation des coupables, un cadeau supplémentaire offert à l'ignominie.