Les professeurs violents du collège St Pierre de Kerhuon ne regrettent rien

Les professeurs encore en vie adoptent différentes attitudes en 2025 après les révélations sur les violences prodiguées au collège Saint Pierre du Relecq-Kerhuon dans les années 1960 -1980... Quelques faits sont signalés plus tardivement et ceci de manière sporadique.

Des professeurs désormais à la retraite depuis longtemps, gardent le silence et fuient les questions des journalistes.

D'autres professeurs qui évoquent brièvement cette période, déclarent en toute quiétude « c'était un autre temps » ; quelques uns ajoutent que les parents étaient en attente d'un traitement de faveur à l'égard de leurs enfants pour les sortir de leur crétinerie. C'était malheureusement vrai. Sans l'accord tacite des parents le collège n'aurait pu prospérer.

Il n'y aurait pas eu de plainte ni des parents, ni de l'autorité religieuse... L'affirmation de certains enseignants va sans doute vite en besogne. Le témoignage "involontaire" d'un professeur datant du 8 octobre 2025 et diffusé au journal télévisé de 20 heures sur la chaîne publique française France 2, prouve le contraire. Une journaliste interroge par téléphone un enseignant qui ignore être enregistré. "Administrer des coups c'est possible. Je me souviens d'une mère qui a porté plainte d'ailleurs. Il y avait un élève qui trainait un peu, je l'avais, avec le côté du pied, tapé dans les fesses pour qu'il avance un peu plus vite, c'était une forme de routine. Qui aime bien, corrige bien".

En réalité des courriers ont été adressé à l'administration de l'enseignement catholique. Il ne subsiste que des archives résiduelles du collège. Il faut bien admettre que du côté parental entrer en lutte avec les autorités religieuses pour un gamin que l'on déconsidère jusqu'à l'enfermer dans un système scolaire notoirement de redressement, reste quelque peu contradictoire et sans doute impressionnant face à la réputation morale de l'Eglise. L'autorité religieuse bénéficiant d'une manne financière, d'une réputation sans égal, n'avait aucun besoin de se remettre en question... Le changement de nom du collège dans les années 1980, laisse à penser qu'une nécessité de changement d'image se fit sentir. Les mentalités avaient évolué... Les anciennes corrections éducatives étaient devenues des violences inapropriées.

Parmi les bribes que les médias publient, un professeur anciennement redouté, classifie ce retour de bâton 50 ans plus tard, « d'entreprise vengeresse »... Si un esprit de vengeance survient, elle est consécutive d'une souffrance. Une souffrance mise en exergue en 2025 et non reconnue comme telle dans les temps jadis. Comment juger les tortionnaires d'antan par le prisme de la dénonciation légitime d'aujourd'hui ?

Des victimes espèrent des contreparties financières de l'Eglise après la reconnaissance de l'état de victime par le biais d'une déclaration de l'institution devant les médias et non pas au travers d'un communiqué de presse comme cela fut fait quelques jours après la publication de quelques plaintes. Un remboursement des frais de scolarité est une éventualité... Comment rembourser un service apprécié durant son existence ? 

De nombreux professeurs ont fait carrière dans le collège, quelques autres ont poursuivi dans d'autres établissements... L'un d'entre-eux, largement condamné pour ses exactions, jets de projectiles, coups..., est devenu vicaire sans remords avec cependant quelques inquiétudes quant au contexte en cours qui lui reproche ce qui l'encensait auparavant.

Un détail parmi d'autres, jusqu'en 1956*, dans les cantines scolaires, il est autorisé de servir du vin pour célébrer le passage de l'enfance à l'âge adulte... En 2025, une aberration inqualifiable... L'affaire du collège St Pierre n'existe que par une conjugaison d'assentiments de différentes autorités : parentale, épiscopale, gouvernementale... Une sorte d'alignement de planètes néfaste. Les mentalités s'entrechoquent uniquement avec le bénéfice du temps qui passe.

* Pierre Mendès France, ministre d’État, publie une circulaire interdisant la distribution d’alcool dans les cantines scolaires aux élèves de moins de 14 ans. 


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