Collège Saint Pierre du Relecq-Kerhuon : école privée

En arrière plan droit, la maison privée devenue école sous la houlette de l'abbé Madec en 1911.

°°°

L'enseignement scolaire par la violence

Le 26 février 2025 version numérique et le 27 février 2025 version papier, la presse locale relaie des témoignages de sexagénaires qui furent victimes de violences physiques répétées au collège Saint Pierre du Relecq-Kerhuon (Finistère - Bretagne) dans les années 1955-1985 environ. Un collectif est alors en cours de constitution, la révélation s'insère dans le climat délétère de l'enseignement privé en proie à toutes les outrances et dont le collège Notre-Dame de Bétharram en était le plus explicite des exemples. Quelques gros titres de la presse nationale nomment cette nouvelle affaire "le Bétharram breton"... Dans les faits, si l'extrême violence jusqu'au sang versé est commune aux deux collèges, les affaires de mœurs ne semblent pas avoir eu la même proportion parmi les actes répréhensibles. L'argument avancé serait que le collège Saint Pierre du Relecq-Kerhuon n'était pas un internat, limitant ainsi la promiscuité entre encadrants et élèves. Le silence général sème aussi le doute quant au nombre d'agressions sexuelles perpétrées à St Pierre. 

Selon l'élan sociétal des années 2020 qui favorise "la libération de la parole", à la connaissance des violences [dont le périmètre reste à définir] perpétrées par le passé par des professeurs sous l'égide du directeur de l'établissement, les condamnations de ces pratiques font l'unanimité dans les instances politiques, religieuses et les conversations populaires... Légitimement, aujourd'hui condamne hier... Cependant hier, la méthode éducative était plébiscitée (hors agressions sexuelles) : le collège St Pierre était une référence. Preuve si besoin était : le directeur incriminé à plusieurs titres quitte ses fonctions en 1977. La presse locale publie un article relayant l'état d'esprit d'alors : "Les associations de parents d'élèves et le corps enseignant désirent que le même esprit continue de régner dans l'établissement." Violences de tous ordres et manipulations des comptes se sont effectivement poursuivies jusqu'à ce que les mentalités changent... L'Eglise échappe aux poursuites judiciaires, le mea-culpa actuel de l'institution religieuse est un déclaratif obligé que les victimes perçoivent comme une obligation polie n'excusant en rien des décennies de maltraitances connues de cette même institution.  


SOMMAIRE >>>

Posts les plus consultés de ce blog

La violence scolaire du collège Saint Pierre du Relecq-Kerhuon

Audition de victimes par la commission d'enquête sur les violences et le contrôle dans l'enseignement scolaire

Des collèges lasalliens sous l'accusation d'agressions de la part d'anciens élèves